La BCEAO met fin aux transferts internationaux d’Orange Money

La Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de mettre fin aux transferts de fonds entre les pays de l’UEMOA et la France d’Orange Money. Selon Jeune Afrique qui a livré cette information, l’institution bancaire ouest africaine estime que cette pratique n’est pas autorisée.
Les directions nationales de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, BCEAO, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal ont adressé fin février 2017 dernier des injonctions aux filiales malienne, ivoirienne et sénégalaise d’Orange Money, leur ordonnant de mettre fin « sans délai, [aux] opérations de transfert international d’argent qui sont hors du champ des activités qu’elles ont été autorisées à effectuer ».
La note explicative transmise par la BCEAO à notre source indique qu’elle « a constaté qu’Orange Finances Mobiles Mali, comme Orange Money Côte d’Ivoire et Orange Finances Mobiles Sénégal, propose au public des services de transfert de fonds entre les pays de l’UEMOA et l’extérieur ».
Pourtant à en croire la banque, «ces opérations relèvent exclusivement de la compétence des établissements de crédit installés sur le territoire d’un État membre de l’UEMOA ayant reçu la qualité d’intermédiaires agréés» et ce, conformément aux dispositions pertinentes du Règlement relatif aux relations financières extérieures des États membres de l’UEMOA.
Ce dont ne dispose pas Orange. L’opérateur, en mars 2016, avait obtenu de la BCEAO trois agréments pour devenir établissement émetteur de monnaie électronique au Sénégal, au Mali et en Côte d’Ivoire.
Contactés, les équipes d’Orange au Mali ont confirmé la suspension « depuis une semaine après une décision de la BCEAO qui considère que nous n’avons plus le droit d’exercer ». Les transferts au sein de la zone UEMOA sont en revanche maintenus car effectués en franc CFA.
« L’agrément ne couvrant pas les transferts en devises étrangères. L’extension à la France, en juin 2016, de l’offre de mobile money d’Orange initialement introduite en Afrique de l’Ouest en 2008, par la Côte d’Ivoire, pose donc problème », explique notre source.
Selon un cadre de la BCEAO à Dakar, interrogé sous couvert d’anonymat par Jeune Afrique, « C’est une lecture erronée. La France au titre de la réglementation bancaire ouest-africaine est un pays étranger. Si un usager envoie 20 euros depuis Paris, et que la somme est payée en F CFA au Sénégal, c’est bien un débit pour la banque et donc un débit de devises pour la zone UEMOA ».
Par ailleurs, la BCEAO explique n’avoir aucune visibilité sur le volume des transferts internationaux avec la zone UEMOA ayant transité par Orange Money. « Pour le seul Sénégal, les transferts annuels de la diaspora atteignent 200 milliards de F CFA. Que se passerait-il s’ils transitaient tous par Orange Money ? », s’est interrogé le cadre de la banque auprès de notre source.
L’opérateur quant à lui minimise les flux entre l’UEMOA et l’international et opte pour la négociation. A cet effet, le 09 mars dernier, Thierry Millet, le directeur des services financiers mobiles du groupe Orange s’est rendue à Dakar, la capitale sénégalaise,  pour espérer trouver la parade pour la levée de l’injonction de la BCEAO.
Cela ne devrait pas être très évident si l’on s’en tient à la position un peu plus catégorique d’un cadre de la banque qui estime qu’Orange Money devrait « renoncer à ce service en l’état, sauf à créer une banque ».
Jeune Afrique

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