Burkina Faso : De jeunes diplômés se tournent vers l’agriculture

Jean Pascal Simporé est un homme qui aime les défis. Après des études secondaires, il a eu de la difficulté à trouver un emploi dans son domaine de prédilection : l’administration publique. Monsieur Simporé s’est donc tourné vers l’agriculture.
Il ne considère pas son « retour à la terre » comme un échec. Bien au contraire! Il déclare : « J’ai toujours été passionné par l’agriculture. Je suis convaincu que c’est un secteur d’avenir ».
Durant les trois dernières années, il a cultivé de l’arachide biologique sur son exploitation de trois hectares. Il vend ses produits à des transformatrices locales qui transforment les noix en pâte qu’elles vendent sur les marchés locaux.
La production de l’arachide biologique n’est pas une activité très lucrative, mais le jeune entrepreneur parvient tout de même à faire un petit bénéfice. Monsieur Simporé déclare : « Cette année, j’ai réussi à produire environ trois tonnes d’arachides qui m’ont rapporté un bénéfice d’environ 300 000 FCFA [500$ US]. »
Monsieur Simporé concède que ses gains sont vraiment infimes par rapport à ce qu’il aimerait avoir. Ce n’est que durant les trois mois de l’hivernage qu’il cultive, et il recrute deux saisonniers. Pour que son entreprise se développe, il lui faudra diversifier ses activités et les exercer toute l’année. Il déclare : « Mon activité actuelle est tributaire de l’hivernage. C’est un sérieux handicap au développement mon entreprise. C’est pourquoi j’ai l’intention pour les années à venir de faire de l’embouche bovine. »
 
À l’instar de monsieur Simporé, de nombreux jeunes s’investissent dans l’entrepreneuriat agricole. C’est le cas de Seydou Ouédraogo qui cultive du maïs depuis dix ans. Pour monsieur Ouédraogo, l’entrepreneuriat agricole était une démarche naturelle. Il explique : « Depuis que je suis tout petit, je travaillais dans l’exploitation de mes parents. Je savais qu’après mon brevet d’études secondaires, j’allais revenir à l’agriculture. »
Monsieur Ouédraogo veut passer de l’agriculture de subsistance à une agriculture qui lui permet de gagner de l’argent. Il est convaincu qu’il peut atteindre cet objectif. Il explique : « Je ne gagne pas encore d’importants revenus, mais je n’ai rien à envier mes camarades fonctionnaires. »
Bien que plusieurs jeunes entrepreneurs et entrepreneuses s’en sortent bien, ils sont confrontés tout de même confrontés à un certain nombre de difficultés. Ils doivent couvrir les charges d’exploitation, s’assurer que la ferme est bien gérée et trouver un bon marché. Monsieur Simporé déclare : « L’entrepreneur doit savoir tout faire et cela prend beaucoup de temps. »
L’accès limité aux crédits et les politiques rigides freinent également les entrepreneur(e)s. Pour défendre leurs intérêts, les jeunes entrepreneurs et entrepreneuses ont créé une fédération nationale.
 
Jules Zongo est le secrétaire général de la Fédération nationale des jeunes professionnels agricoles du Faso, un groupe qui fait la promotion de l’agriculture. Ce groupe a recensé une liste complète des problèmes qui doivent être résolus. Monsieur Zongo déclare : « Il faut que l’État harmonise ses politiques afférentes aux agriculteurs et aux agricultrices. Présentement, il y en a trois ou quatre [qui sont inconsistantes]. »
Il exhorte les autorités à mettre en place des mécanismes de financement plus adaptés aux besoins des agriculteurs et des agricultrices. Il explique : « Il n’y a pas une seule banque agricole au Burkina. Les banques commerciales exigent des garanties que nous ne pouvons leur offrir. »
La fédération demande aussi des changements politiques pour faciliter l’accès des jeunes agriculteurs à la terre.
Malgré les obstacles, aucun des jeunes agriculteurs ne regrette de s’être consacré à l’agriculture. Monsieur Simporé déclare : « Je suis convaincu qu’avec un petit appui technique et financier, je pourrais faire prospérer mon entreprise. L’agriculture est ma destinée. »
Wire.barza

Annonces



Nos partenaires