Ouganda : Un agriculteur rend service en fabriquant lui-même les aliments de ses poissons

Paul Ssekyewa arrive tout souriant à son écloserie. Après avoir appris comment fabriquer lui-même des aliments pour ses poissons, à la radio, il est heureux d’être un pisciculteur prospère.

M. Ssekyewa utilise des produits locaux comme le tourteau de manioc et de tournesol pour préparer des aliments pour poissons, une technique qu’il a apprise en écoutant une émission radiophonique agricole sur Buddu FM 98.8.

 

M. Ssekyewa vit à Ssenya, un village situé à 135 kilomètres, à l’ouest de Kampala. Cet homme marié, père de deux enfants affirme avoir travaillé dur pendant plusieurs années pour devenir un pisciculteur prospère. Il ajoute : « J’ai commencé a réalisé mon rêve de pisciculture par un étang [mesurant] 50 mètres sur 90 [mètres] en 1980 dans une zone gorgée d’eau, sur ma terre ancestrale, dans le village de Ssenya.

 

, sur ma terre ancestrale, dans le village de Ssenya.

Paul Ssekyewa se tient devant ses casiers à poissons perfectionnés.

Paul Ssekyewa se tient devant ses casiers à poissons perfectionnés. Crédit photo: Geoffrey Ojok

Au début de son activité piscicole, il élevait surtout des tilapias pour la consommation familiale. Toutefois, il a commencé à vendre l’excédent sur le marché du village voisin de Matete en raison de la forte demande. Il se rappelle : « Lorsque je me suis rendu compte de la demande qu’il y avait sur le marché local pour le poisson, j’ai décidé de suivre une formation sur la pisciculture et la fabrication d’aliments pour poissons originaux, avec ma femme et nos deux enfants. »

Actuellement, il élève dix espèces de poissons, quoiqu’il se focalise sur le tilapia et le poisson-chat.

Pour économiser de l’argent, M. Ssekyewa prépare les aliments à partir de produits locaux, de pelures de patate douce et de banane. Il déclare : « Autrefois, je dépensais 1 300 $US en trois mois pour l’achat d’aliments, mais, maintenant, je dépense moins de 100 $US pour acheter des pelures chez les restaurateurs pour fabriquer mes aliments. Ce qui me fait une économie d’environ 1 200 $US. »

Fred Kabangu est l’agent agricole régional du district de Masaka, auquel est rattaché le village de Ssenya. Il affirme que la pisciculture peut aider les agriculteurs et les agricultrices à gagner de bons revenus. Il ajoute : « La pisciculture est désormais une des activités les plus lucratives que tout agriculteur ou agricultrice doit pouvoir exercer, et ce, même si les gens craignent de se lancer là-dedans à cause du manque d’argent et de leurs connaissances très limitées en matière de pisciculture et d’alimentation. »

 

La ferme piscicole de M. Sskeyewa a pris de l’expansion, ce qui l’a poussé à améliorer sa stratégie de commercialisation. Il transporte désormais son poisson à Kampala sur sa moto et ensuite à Gulu en bus. Il organise tout cela en effectuant de simples appels téléphoniques. À Gulu, il vend un poisson entre 2 $ et 3 $.

 

Il affirme que la commercialisation de son poisson ne lui pose aucun problème avec les téléphones cellulaires. Il explique : « Je n’ai pas besoin de me rendre à Gulu lorsqu’un(e) client(e) veut du poisson. Je mets des alevins dans des jerrycans que je dépose sur un [taxi moto] qui les transporte à Kampala. Ensuite, le conducteur les livre à l’agriculteur ou l’agricultrice, à qui je donne des instructions par téléphone cellulaire. »

 

M. Sskeyewa affirme que les poissons deviennent matures au bout de cinq ou six mois grâce aux bons nutriments que contiennent leurs aliments. Il explique : « Au bout de six mois, les tilapias et les poissons-chats sont prêts à être récoltés, et lorsque je les vends, je gagne en moyenne 14 117 $US. »

 

Dan Okuli Dickens élève aussi du poisson. Il vit dans le village de Bungatira, à environ cinq kilomètres de la ville de Gulu, au nord de l’Ouganda. M. Dickens soutient qu’il a amélioré son savoir-faire en pisciculture grâce à la même formation qu’a reçue M. Ssekyewa. Il explique : « Mon projet piscicole a pris beaucoup plus d’ampleur qu’avant à cause de la formation que j’ai suivie sur la fabrication d’aliments pour poissons. Sur le marché libre, mes poissons sont de meilleure qualité que celle des autres pisciculteurs et piscicultrices. »

 

M. Ssekyewa est heureux parce qu’il est parvenu à faire avancer tous ces enfants jusqu’à l’université, et une de ses filles poursuit des études de troisième cycle grâce au revenu que lui rapporte la pisciculture.

 

 

wire.farmradio.fm

 

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