Sénégal : À Dakar, des microjardins améliorent la sécurité alimentaire

Coiffée d’une casquette, vêtue d’une blouse verte et munie de lunettes de protection transparentes, Coumba Diop ressemble à une experte scientifique absorbée par son travail dans un laboratoire. Cependant, la dame de 55 ans ne travaille aucunement dans un laboratoire. En fait, elle exploite un microjardin à Dakar afin de procurer à sa famille une meilleure sécurité alimentaire.

Mme Diop est une des premières femmes à avoir bénéficié d’une formation sur le microjardinage offerte en 2004 par la mairie de Dakar, la capitale sénégalaise. Depuis 2011, elle gère un microjardin, qui n’est que le 12e du genre dans la ville.

Le microjardinage est une solution formidable pour les agriculteurs et les agricultrices ne disposant que d’un espace réduit pour cultiver des légumes, et il consiste généralement à cultiver dans des boîtes disposées sur des tables plutôt que dans de grands champs. Les microjardins sont parfaits pour le maraîchage en milieu urbain.

Dans son microjardin, Mme Diop cultive des légumes dans des bouteilles en plastique, des boîtes et d’autres objets recyclés, disposés sur des étagères en bois. Elle cultive de la laitue, la patate, la menthe, du poireau, du persil, de l’épinard, du céleri, des tomates et plusieurs autres légumes. Elle élève également des poules. Elle déclare : « J’adore tellement ce travail. C’est ma passion. »

Mme Diop a également aménagé une serre sur un terrain de 1 000 mètres carrés. Là-bas, elle cultive ses plantes préférées, à savoir : les choux, les fraises, le céleri et les ananas.

Elle explique : « Ici c’est comme un laboratoire. … Les souris ou autres bactéries n’y entrent pas. Je prends soin de ce lieu comme de ma maison… Pour avoir des légumes de qualité, il vous faut un environnement sain. »

La propreté est cruciale pour Mme Diop. Il est aussi important pour elle d’inspecter ses plantes régulièrement pour s’assurer qu’elles sont bien arrosées et n’ont aucune maladie, surtout en saison hivernale, où les pluies fréquentes peuvent détruire les cultures. C’est la raison pour laquelle elle travaille en moyenne six heures par jour, du lundi au samedi.

Elle fabrique son propre fumier de compost, qui est un mélange de feuilles mortes, de fumier de cheval, de cendre, de verres de terre rouge, de coques d’arachide et de balle de riz. Une fois le fumier prêt, Mme Diop en utilise pour ses légumes et vend le reste aux autres maraîchers et maraîchères, dont elle en a formés plusieurs.

Mme Diop est une des 10 000 personnes à avoir été formées sur le microjardinage au cours des douze dernières années. Cette ancienne comptable est désormais une formatrice et une promotrice du microjardinage. Elle se rend aux foires agricoles pour y partager son expertise.

Elle vend également des poules, des œufs et des légumes à ses client(e)s fidèles qui recherchent des produits biologiques, bien que la majeure partie de ses produits se retrouvent dans sa cuisine. Elle déclare : « Je ne fais pas ce travail pour avoir de l’argent, car il n’y a pas autant d’espace en ville pour cultiver. Mais je gagne en termes de qualité. Je consomme ce que je produis, et mieux, je sais ce que je mange. En outre, je vis ma passion et m’estime chanceuse. »

Mme Diop réalise également des économies grâce à son entreprise. Elle explique : « Écoutez, si je devais dépenser 5 000 FCFA [8 $US] par jour pour acheter de quoi préparer pour ma famille, je sortirais souvent la moitié du temps. Mais [maintenant], je prends une bonne partie des condiments dans mon jardin. Et quand on sait combien coûtent les légumes au marché, et la quantité de produits chimiques qu’ils contiennent, alors oui, ça vaut la peine d’avoir mon propre potager.

Barzainfos

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