« Si l'entrepreneur est lucide, il parle de son idée à beaucoup de monde »

Vous avez une idée de business... Bravo ! Mais une idée, même excellente, ne suffit pas à créer un business. Voici les conseils de Michel Safars (HEC) pour enrichir votre idée, et la transformer en modèle économique.
 

Lorsqu'on demande à un parterre de futurs entrepreneurs, ce qui, pour eux, leur paraît le plus important pour créer un business, invariablement, la majorité d'entre eux répond : « une bonne idée ». A tel point que certains
 
 
entrepreneurs sont convaincus qu'il leur faut trouver LA bonne idée, celle qui fera leur succès à coup sûr avant même de se lancer dans l'entrepreneuriat. D'autres ont trouvé, pensent-ils, l'idée qui les fera riches, et en deviennent
 
obsédés. Ils la couvent jalousement, la partagent à mots couverts, et n'entreprennent qu'à moitié de peur de se faire doubler. D'autres encore confondent invention et modèle économique, persuadés qu'il suffit d'une innovation
 
pour emporter l'adhésion du client. « Thomas Edison a marqué notre inconscient collectif avec l'invention de l'ampoule électrique puisque le symbole de la bonne idée, c'est une ampoule ! déclare Michel Safars, professeur et directeur
 
du eLab d'HEC. A l'époque, c'était une vraie révolution puisqu'on s'éclairait à la bougie. Sauf que dans notre écosystème actuel de l'innovation, une bonne idée n'est pas une invention. On est plutôt dans la bonne combinaison. »
 

De fait, le produit fini ou l'offre de service ressemble rarement à la l'idée initiale. « Si l'entrepreneur est lucide, il en aura parlé à beaucoup de monde. L'idée sera donc vue, revue et modifiée. Il ne lui restera pas grand-chose de la
première idée, mais ce n'est pas grave parce que le projet aura avancé», estime Michel Safars. Et de comparer, le cheminement de l'entrepreneur à une traversée de la jungle amazonienne, une machette à la main : « ça
 
va être dur, on ne sait pas par où on va passer, ni comment ça va se terminer».
L'idée initiale n'est donc qu'un point de départ, et écrire la partition qui la mettra en œuvre est un processus itératif. Les rencontres, les premiers retours des clients, les opportunités saisies enrichissent toujours le projet, et c'est à
force d'ajustements, et parfois de pivotements, que l'idée finit par trouver son marché. Traverser cette jungle nécessite de la part de l'entrepreneur de la force, une bonne dose de résilience et un entourage solide. «
Demain, si je dois monter une boîte, je m'en fous de l'idée, s'exclame Michel Safars. Ce qui sera primordial, ce seront les personnes avec qui je vais le faire. Si on a une espèce de synergie ensemble, on va en trouver plein des idées ! »

Une fois le MVP, « minimum viable product », identifié, il reste à le transformer en modèle économique. C'est à dire à répondre à la question vitale de tout business : comment rendre mon entreprise profitable ? La tâche est ardue, tant il existe une multitude de réponses à cette question. La méthode du Business Model Canvas, décrite par Steve Blank et Alexander Osterwalder, est aujourd'hui la plus utilisée pour mettre à l'épreuve votre idée. C'est un outil simple, un tableau à remplir sur les points suivants :

  • Value propositions : qu'est-ce que vend l'entreprise ?
  • Customer segments : à qui elle le vend ?
  • Channels : comment est-ce qu'elle trouve ses clients ?
  • Customer relationship : comment maintient-elle la relation avec eux ?
  • Key activities : quel est son métier ?
  • Key resources : de quoi a-t-elle besoin pour le faire ?
  • Key partners : de qui a-t-elle besoin pour le faire ?
  • Cost structure : combien ça coûte ?
  • Revenu streams : combien ça rapporte ?

 
En savoir plus sur https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/business-plan/si-l-entreprene...

 

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