La réalité augmentée, le nouveau pari de Facebook

Plutôt que de développer un casque ou des lunettes, le réseau social mise sur les smartphones pour superposer des éléments virtuels aux vidéos et aux photos.
 
Depuis un an, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, tente de faire de la vidéo le premier moyen d’expression sur le réseau social. En moins de douze mois, la société a déployé une offre de streaming en direct, mis le bouton “caméra” au centre de ses différentes applications et introduit les “Stories”, des compilations de courtes vidéos disparaissant au bout de 24 heures, sur Instagram, Facebook et Messenger. Mardi, à l’occasion du F8, la conférence pour développeurs organisée par le réseau social à San José, Mark Zuckerberg a expliqué que ce n’était que la première partie du plan et dévoilé “la deuxième étape”: la réalité augmentée.
Le patron de Facebook veut désormais « faire se rencontrer les mondes numériques et physiques » en superposant au monde réel des effets virtuels, visualisés à travers l’écran du téléphone. Il espère ainsi pousser les utilisateurs à encore plus partager leur vie sur le réseau social: “la réalité augmentée permet de rendre drôles des expériences du quotidien qu’on n’ose pas partager car elles sont banales: faire la lessive, changer les couches de bébé… “, estime-t-il.
Facebook s’était jusqu’ici plutôt concentré, par l’intermédiaire de sa filiale Oculus, sur la réalité virtuelle, qui elle, immerge l’utilisateur dans un univers entièrement virtuel. Si la société continue de développer d’autres projets dans ce domaine, Mark Zuckerberg a récemment confié sa “déception” quant aux premiers résultats du casque Rift, dont les ventes sont moins bonnes que prévues et demandé de la patience aux investisseurs.
Concurrence de Snapchat
Même constat pour la réalité augmentée, « qui va prendre du temps à développer ». Pour le moment, l’entreprise a simplement enrichi la gamme de filtres que les utilisateurs peuvent ajouter à leurs photos et vidéos, une idée inspirée par Snapchat. Son concurrent, avec qui elle se livre à un combat féroce, a d’ailleurs pris Facebook de court mardi matin en dévoilant de nouveaux filtres animés intégrant la 3D.
Mais Facebook travaille déjà sur trois autres applications plus poussées. D’abord, l’ajout d’informations aux images capturées par les smartphones, sous la forme d’un post-it virtuel laissé par un ami pour recommander un plat dans un restaurant ou d’une notice d’informations sur la bouteille de vin posée sur la table par exemple. Ensuite, la modification d’éléments sur les images, permettant de transformer sa maison en l’école de sorcellerie d’Harry Potter, ou de rajouter des dauphins dansant autour d’une tasse….
Enfin, le remplacement d’objets physiques par une expérience entièrement numérique. “Vous pourrez jouer à un jeu d’échec sur la table de votre salon en y pointant votre téléphone ou voire apparaître une télévision sur un mur blanc par le biais d’une application sur votre téléphone”, a expliqué le patron de la société.
L’ombre des Google Glass
Le pari n’est pas sans rappeler celui d’un autre géant de la Silicon Valley, Google, qui avait lancé ses “Glass” en 2014 . Une tentative qui s’était soldée par un échec : la production des lunettes avait été stoppée moins d’un an plus tard. Microsoft est également présent sur ce créneau, avec HoloLens, son casque de réalité augmentée. Lancé il y a deux ans, il a peu à peu été repensé pour cibler plutôt les entreprises. Mark Zuckerberg espère lui rendre l’expérience accessible au grand public. Le succès du jeu Pokemon Go semble l’avoir décidé à privilégier le téléphone comme médium, même s’il imagine que des lunettes ou des lentilles de contact pourraient par la suite le remplacer.
Il mise également sur la création d’une plate-forme ouverte aux développeurs extérieurs pour avoir une longueur d’avance, une méthode déjà employée par le passé pour les jeux vidéos et les “bots” dans Messenger. Nike, Electronic Arts et Warner Brothers font partie des premiers partenaires.
Lesechos
 

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