Start-up de la semaine : KEA Medicals lance la « carte d’identité médicale universelle » au Bénin

Une jeune médecin béninoise de 25 ans a créé la « carte d’identité médicale universelle » pour assurer la traçabilité du circuit médical des patients. Son entreprise fait partie des 30 start-up sélectionnées pour la rencontre Futur.e.s in Africa, qui s'ouvre ce 1er mars au Maroc.

« Être à la fois médecin et auto-entrepreneur, pourquoi pas ? », lance Arielle Ahouansou, une jeune docteur béninoise de 25 ans qui espère « révolutionner le système de santé en Afrique ». Troquer les couloirs des hôpitaux pour la voie de l’entrepreneuriat, l’idée lui est venue il y a deux ans, lorsqu’elle travaillait comme interne à l’hôpital de Parakou, une ville au nord du Bénin.

Elle raconte son déclic, un soir de garde : « Une jeune femme est arrivée aux urgences après avoir été transférée d’un hôpital de banlieue par manque de places. Elle venait d’accoucher de jumeaux et faisait une hémorragie. Cette mère de 27 ans était entre la vie et la mort et il lui fallait une transfusion sanguine de toute urgence. Mais nous n’avions aucun moyen de connaître son groupe sanguin … ».

 

''Je me suis demandée à quoi cela servait d’avoir un diplôme et de continuer à assister passivement à ces décès''

Si la patiente avait pourtant bien fait un test sanguin au moment de sa grossesse, son dossier n’avait pas suivi lors de son transfert. « Elle n’avait pas d’argent sur elle non plus, nous avons donc perdu dix minutes à essayer de retrouver son groupe sanguin et à rassembler les quatre dollars nécessaires pour la transfusion. Ces minutes lui ont été fatales, elle a perdu la vie », déplore Arielle Ahouansou.

 

Manque de coordination

La jeune femme dénonce aujourd’hui ce manque d’information et de coordination entre les hôpitaux, qui, dans ce cas-là, s’est révélé tragique. « Il n’existe pas de bases de données centralisées au Bénin permettant de retracer le dossier d’un patient facilement et rapidement », précise-t-elle. Les jours suivant le drame, la jeune médecin s’est longuement interrogée.

« J’étais choquée, j’ai réalisé que ça pouvait arriver à n’importe qui. Je me suis demandée à quoi cela servait d’avoir un diplôme et de continuer à assister passivement à ces décès. Je voulais agir à la base, proposer un système qui soit utile à des millions de patients à travers le monde », rapporte-t-elle.

 

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