Malamine Koné, du punch dans le business et sur le ring

"Apocalypse", un nom accrocheur pour son baptême du feu en tant qu'organisateur d'événements sportifs. C'est ainsi que l'homme d'affaires Malamine Koné a nommé son premier gala de boxe qui s'est tenu en juin dernier au Cirque d'hiver à Paris. "La boxe, c'est un art, et il faut lui redonner ses lettres de noblesse. J'ai organisé ce premier gala de boxe pour relancer ce sport en France. À travers mes différentes activités, dont celle du sponsoring de la marque Airness, j'ai souvent soutenu des activités en lien avec la boxe, notamment avec les frères Acariès [Louis et Michel, respectivement ancien boxeur et promoteur de combats de boxe, NDLR], ensuite avec Patrick Balkany – maire de Levallois-Perret, commune de la région parisienne – quand il s'agissait d'organiser les championnats du monde de Jean-Marc Mormeck. J'étais présent, mais dans l'ombre à financer et à aider", explique le chef d'entreprise. Une expérience qu'il compte bien réitérer puisque Malamine Koné vient d'acquérir une licence d'organisateur promoteur. En plus de cela, "je suis en train de développer, avec mon équipe, une gamme d'équipements de boxe qui sera bientôt distribuée sur le marché". La marque à la panthère noire est connue par le plus grand nombre comme étant l'équipementier de certains clubs de football (dont le Français AJ Auxerre) et de certaines sélections nationales africaines (Mali, Guinée, Burkina Faso...). Mais avant cette vie de businessman, c'est une carrière de boxeur qui se dessinait pour Malamine Koné. Mais alors, comment est-il passé du ring au monde entrepreneurial ? Le chef d'entreprise âgé de 43 ans revient sur son parcours, son destin. Itinéraire d'une reconversion réussie.

Un trop-plein d'énergie

 

Malamine a vécu dans le pays qui l'a vu naître, le Mali, pendant les dix premières années de sa vie, à Niéna, à des centaines de kilomètres de la capitale, Bamako. Très tôt, ses conditions de vie au village le responsabilisent. "Quand j'avais 3-4 ans, j'étais berger au village", souligne-t-il. Un certain poids sur ses épaules, certes, mais une énergie débordante à son jeune âge, "je courais partout, j'avais la bougeotte", indique Malamine Koné. Lorsqu'il arrive en France, à 10 ans, le sport entre dans sa vie. "Mon père, nous [lui et ses frères, NDLR] avait tous inscrits au football. Souvent, j'étais remplaçant, donc sur le banc de touche et cette situation ne me plaisait pas. Je m'en plaignais régulièrement. Les fois où je rentrais sur le terrain, je me prenais tout le temps des cartons", déclare le créateur de la marque de sport. Pour le taquiner, son entraîneur de l'époque a soufflé l'idée, à son père, de l'inscrire à la boxe. "L'année prochaine, ce n'est pas la peine d'inscrire Malamine au foot, mettez-le plutôt à la boxe, ça sera mieux pour lui pour canaliser son énergie". Un an plus tard, cette rencontre "imprévue" avec ce sport de combat, aura eu raison du préadolescent qu'il était. "J'ai découvert la boxe et j'ai vraiment aimé cet univers et j'ai appris, du coup, à canaliser mon énergie".

 ©  FB

 

"La boxe, c'est une école de vie"

L'ancien footballeur turbulent en aura fait du chemin, comme en témoigne son parcours de boxeur. Outre ses deux titres nationaux remportés et sa présélection aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta, la boxe a construit Malamine Koné. Aujourd'hui, Cheikhmar, son fils âgé de 13 ans, embrasse la même carrière que son père. Entre ceux qui disent au chef d'entreprise "tu n'as pas peur que ton fils fasse de la boxe, il n'a que 13 ans, il est jeune ?" et ceux qui pensent que monsieur Koné se projette dans la carrière de son fils, voici sa réponse. "Je dis non, car la boxe, c'est une école de vie. La boxe m'a permis d'être le chef d'entreprise que je suis aujourd'hui, elle forge le caractère et le mental, ce qui est très important. Dans la vie, quand on est face à un obstacle parfois, on a tendance à baisser trop vite les bras. C'est un sport difficile, les entraînements et les combats ne sont pas de tout repos, j'ajoute aussi la pression à gérer avant chaque combat. Pour exceller dans cette discipline, il faut savoir gérer tout cela. Même dans une vie normale, cela peut aider à nous surpasser", tels sont les enseignements qu'il a su tirer de la boxe. Enseignements qu'il espère également bénéfiques pour son fils.

La fin du rêve olympique en 1995

Au sommet de sa carrière, 1995 sera l'année de la chute vertigineuse pour cet espoir de la boxe tricolore. Pour célébrer sa présélection aux JO d'Atlanta, quoi de plus normal de vouloir fêter cela. C'est ce que fera Malamine Koné, mais la fin de la soirée sera le début de son calvaire. "Elle se termine par un accident de voiture, les médecins parlaient d'amputation, tout s'effondre autour de nous. On en vient à se demander si ce n'est pas une malédiction. Est-ce qu'au fin fond du village une sorcière n'aurait pas agi sur moi ? On perd espoir, on est en plein doute". Son genou ne sera finalement pas amputé, mais il lui a fallu cinq années pour qu'il redevienne opérationnel. "J'avais des difficultés à remarcher, quand je me mettais debout, je tombais aussitôt, mon genou était encore trop faible". Cet accident de la route aura eu raison du second rêve de l'entrepreneur d'origine malienne. "Au moment de mon accident, mon rêve d'une carrière sportive s'est écroulé, mais aussi celui de devenir inspecteur de police pour ensuite devenir commissaire", un coup doublement dur pour le titulaire d'un Deug (Diplôme d'études universitaires générales) de droit. Face à ces épreuves douloureuses, l'entourage familial a été et est toujours le roc sur lequel Malamine Koné s'appuie. "Ma famille m'a soutenu et continue toujours de me soutenir aujourd'hui".

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