Le Rwanda, pays le plus performant pour la «Transformation Agricole en Afrique»

Le Rwanda a obtenu le score le plus élevé, sur la Transformation Agricole en Afrique, et a émergé en 2017 comme le pays le plus performant dans la mise en œuvre des sept engagements de la Déclaration de Malabo de juin 2014.

Le pays a obtenu une note de 6,1 sur 10 quand le point de repère était de 3,94 fixé comme score minimum pour qu’un pays soit en voie d’atteindre les objectifs de Malabo d’ici 2025.

Le Rwanda est suivi par l’Ethiopie, avec 5.3 points.

Le rapport, qui fait partie du Mécanisme Biennal, a été réalisé par la Commission de l’Union Africaine et l’Agence du Nouveau Partenariat pour l’Agence de Développement de l’Afrique (NEPAD) en collaboration avec les Communautés Economiques Régionales (CER) et les États membres, ainsi que d’autres partenaires.

«Nous souhaitons reconnaître les efforts considérables déployés par tous les États membres, malgré les nombreux défis rencontrés pour accroître la volonté de fournir des rapports nationaux de qualité, et nous tenons particulièrement à remercier la République du Rwanda pour ses résultats remarquables en 2017 pour atteindre les objectifs de la Déclaration de Malabo », lit-on dans une partie du rapport.

Sur les 43 États membres ayant signalé des progrès dans la mise en œuvre de la déclaration de Malabo, seuls 17 devraient être en mesure de respecter les engagements d’ici 2025.

Les « Engagements de Malabo » ont été traduits en sept domaines de performance thématiques tels que le renforcement du financement des investissements dans l’agriculture, l’éradication de la faim en Afrique d’ici 2025, la réduction de moitié la pauvreté d’ici 2025 et le maintien du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA).

Ceci inclut également la croissance et la transformation de l’agriculture inclusive, la stimulation du commerce intra-africain des produits et services agricoles, le renforcement de la résilience des moyens de subsistance et des systèmes de production à la variabilité du climat et à d’autres risques connexes, et le renforcement de la responsabilité mutuelle envers les actions et les résultats.

Le Programme détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine a été adopté par l’Assemblée des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine en 2003 à Maputo, au Mozambique, en tant que programme phare de l’Union Africaine pour l’agriculture et la sécurité alimentaire

Il fixe des objectifs généraux de croissance annuelle de 6% du PIB agricole (production) et d’allocation d’au moins 10% des dépenses publiques au secteur agricole.

Commentant le rapport, Dr Gérardine Mukeshimana, la Ministre de l’Agriculture et des Ressources Animales, a souligné l’importance de l’agriculture dans l’éradication de la pauvreté en Afrique.

Alors que le pays doit améliorer le financement de l’agriculture, la Ministre a souligné les principaux domaines d’amélioration du Rwanda, notamment la politique du genre, l’investissement étranger et l’irrigation des cultures.

Dans l’ensemble, l’Afrique n’a pas bien réussi dans la mise en œuvre des engagements pour le développement de l’agriculture, de nombreux pays n’ayant même pas obtenu le score minimum requis.

« Cette performance implique que nous n’avançons pas bien dans le sens de notre souhait d’être le grenier du monde en tant que continent. Il faudrait que les pays fassent plus d’efforts », a déclaré Madame Mukeshimana.

 

La Ministre a indiqué que les domaines sur lesquels le Rwanda doit se concentrer comprennent la lutte contre la malnutrition, en particulier le retard de croissance chez les enfants, qui se situe à environ 38%.

« Nous avons encore un long chemin à parcourir pour faire face au retard de croissance. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement a déployé plus d’efforts pour fournir de la farine enrichie et nutritive gratuite aux enfants vulnérables et aux femmes enceintes, ainsi que pour promouvoir plusieurs programmes de production de lait, d’œufs et du petit bétail pour accélérer l’éradication de la malnutrition des enfants », a-t-elle dit.

Selon Monsieur Jean-Baptiste Hategekimana, Président de la « Jeunesse Rwandaise dans l’Agroalimentaire » (RYAF), plus de 1.000 diplômés universitaires dans le secteur agricole aideront les agriculteurs d’ici la fin du mois de février. [Dans le cadre d’un programme de stages].

Actuellement, l’organisation compte près de 1.300 membres regroupés en cinq catégories à savoir la production végétale, l’élevage, l’agro-alimentaire (animaux et cultures), d’autres agroservices  dont l’emballage, les intrants, les services de vulgarisation, la mécanisation, les technologies de la communication (TIC) pour l’agriculture et d’autres

« Nous devons encore faire des pas audacieux. Nous avons besoin de plus d’innovations, plus d’inventions et de diversification de l’agriculture », a-t-il déclaré au New Times.

Plus d’efforts sont nécessaires pour augmenter le financement agricole.

Le financement de l’agriculture au Rwanda s’élève à 7,5%.

Monsieur Hategekimana a déclaré que l’accès au financement est toujours un défi qui affecte la mise en œuvre des projets agricoles et d’élevage des jeunes. «Les jeunes n’ont pas de garantie et ne possèdent aucune terre. Si vous leur demandez des garanties, vous entravez leur activité», a-t-il dit.

La Ministre a déclaré qu’ils travaillent actuellement avec le Ministère des Finances et de la Planification Economique pour élaborer un programme complet sur le financement de l’agriculture.

Selon les informations du Ministère des Finances et de la Planification économique, environ 11,5 milliards RWF (11,5 millions d’euros) ont été alloués aux semences et aux engrais en fonction des zones rurales en développement au cours de l’année fiscale 2017/2018.

Environ 1.367 hectares de terres seront couverts par l’irrigation des collines, et des équipements seront également fournis pour aider les agriculteurs à irriguer les cultures sur 5.844 hectares.

 Panoractu

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